À Paris, le loyer hors charges fixé à la signature ou au renouvellement ne peut dépasser le loyer de référence majoré publié par arrêté préfectoral. Cette règle s’applique aux baux signés depuis le 1ᵉʳ juillet 2019, dans le cadre d’une expérimentation renouvelée chaque année. Si le loyer dépasse ce plafond, trois recours existent : contacter le bailleur, saisir la commission départementale de conciliation, ou signaler le dépassement à la Ville de Paris.
En bref:
- Le plafond du loyer hors charges à Paris, fixé par arrêté préfectoral, s’applique uniquement aux locations principales dans le périmètre intra-muros depuis 2019.
- Le loyer de référence majoré constitue le maximum légal, calculé en multipliant la valeur au mètre carré par la surface habitable du logement.
- Le complément de loyer est permissible uniquement pour des caractéristiques exceptionnelles et doit être justifié, chiffré et contestable dans les trois mois.
- En cas de dépassement, le locataire doit vérifier le plafond, notifier le bailleur, saisir la commission départementale, puis signaler à la ville de Paris, sous peine d’amendes et de remboursements rétroactifs.
- La prolongation de l’encadrement des loyers après 2026 n’est pas assurée, ce qui oblige à préserver et actualiser systématiquement les justificatifs pour la gestion locative.
Table des matières
- Qui est concerné par l’encadrement des loyers à Paris ?
- Comment calculer le loyer plafond applicable à un logement ?
- Le complément de loyer, dérogation ou piège juridique ?
- Que faire si le loyer dépasse le plafond légal ?
- Quelles mentions le bail et l’annonce doivent-ils contenir ?
- Où consulter les textes et arrêtés officiels ?
- Conseils pratiques pour sécuriser une mise en location
- L’encadrement des loyers va-t-il durer après 2026 ?
- Pourquoi se former à la réglementation ALUR change la donne pour votre agence
- Sources
- Questions fréquentes
Qui est concerné par l’encadrement des loyers à Paris ?
Le dispositif s’applique à la majorité des locations privées parisiennes, mais pas à toutes. Il vise les résidences principales louées nues ou meublées, ainsi que les baux mobilité, dès lors que le logement se trouve dans le périmètre de la ville de Paris intra muros.
Certaines situations échappent totalement à la règle :
- les logements sociaux conventionnés (loyers déjà réglementés par ailleurs) ;
- les meublés de tourisme et locations de courte durée type Airbnb ;
- les conventions particulières (logements de fonction, baux commerciaux, certains logements intermédiaires).
Le point à retenir : l’encadrement des loyers à Paris est d’ordre public. Aucune clause du bail ne peut légalement y déroger, même avec l’accord écrit du locataire. Le dispositif est reconduit chaque année par arrêté depuis 2019, ce qui en fait une expérimentation prolongée plutôt qu’une loi permanente.
Comment calculer le loyer plafond applicable à un logement ?

Trois valeurs structurent le système : le loyer de référence, qui correspond au loyer médian observé pour des logements comparables dans un secteur donné ; le loyer de référence majoré, égal au loyer de référence augmenté de 20 % et qui constitue le vrai plafond légal ; et le loyer de référence minoré, réduit de 30 %, utilisé surtout comme repère pour évaluer si un loyer est anormalement bas.
Ces trois montants varient selon quatre critères : le secteur géographique (Paris est découpé en zones par l’OLAP), le nombre de pièces, l’époque de construction du bâtiment, et le type de location (vide ou meublé, avec une majoration spécifique pour le meublé).
Repère chiffré : un arrêté préfectoral fixe ces valeurs chaque année. L’arrêté IDF-2026-06-12-00003 encadre par exemple les loyers applicables du 1ᵉʳ juillet au 24 novembre 2026.
Pour trouver le chiffre exact applicable à un logement, la méthode est simple :
- Repérer l’adresse et le secteur correspondant sur le simulateur RéférenceLoyer de la DRIHL ;
- Sélectionner le nombre de pièces, l’époque de construction et le type de location ;
- Relever la valeur en euros par mètre carré du loyer de référence majoré ;
- Multiplier cette valeur par la surface habitable pour obtenir le loyer plafond en euros.
Ce calcul donne le loyer moyen maximal autorisé, hors charges. Toute estimation de loyer sérieuse à Paris commence par cette étape, avant même de regarder les annonces comparables du quartier.
Le complément de loyer, dérogation ou piège juridique ?
Le complément de loyer permet de dépasser le loyer de référence majoré, mais seulement dans des conditions très encadrées. Il faut d’abord que le logement atteigne déjà le plafond légal, et qu’il présente en plus des caractéristiques exceptionnelles de localisation ou de confort, absentes des logements de référence du même secteur : vue dégagée remarquable, terrasse rare dans l’immeuble, équipements haut de gamme non standards.
Ce que le bailleur doit obligatoirement faire :
- chiffrer précisément le montant du complément dans le bail ;
- justifier par écrit la ou les caractéristiques exceptionnelles invoquées ;
- éviter de fonder le complément sur des travaux isolés (une cuisine rénovée seule suffit rarement à le justifier devant la CDC).
Le locataire dispose de trois mois après la signature du bail pour contester ce complément devant la commission départementale de conciliation. Passé ce délai, la contestation devient beaucoup plus difficile.
Conseil de pro : avant de signer, demandez systématiquement au bailleur la fiche justificative du complément de loyer. Un propriétaire sérieux doit pouvoir la produire sans hésiter, avec des références précises. S’il ne peut pas, c’est souvent le signe que le complément ne tiendrait pas devant la CDC.
Que faire si le loyer dépasse le plafond légal ?
Un locataire qui constate un dépassement dispose d’une marche à suivre progressive, pensée pour éviter le contentieux dès que possible.
- Vérifier le plafond exact via le simulateur RéférenceLoyer pour confirmer objectivement le dépassement.
- Notifier le bailleur par écrit, en demandant la diminution du loyer au niveau du plafond applicable.
- Saisir la CDC si le bailleur ne répond pas ou refuse. Cette saisine est gratuite et obligatoire avant certaines actions judiciaires.
- Signaler le dépassement à la Ville de Paris via Paris si le blocage persiste.
Les conséquences pour le bailleur peuvent être lourdes. La Ville peut mettre en demeure le propriétaire de régulariser le bail, imposer le remboursement rétroactif des sommes perçues en trop, et prononcer une amende administrative pouvant atteindre 5 000 € pour une personne physique.
Deux voies coexistent, et un locataire peut souvent les combiner : la voie administrative, portée par la Ville de Paris, qui vise à sanctionner et faire cesser l’infraction ; la voie judiciaire, devant le juge, qui vise plutôt à faire reconnaître le trop perçu et obtenir réparation. La prescription des actions judiciaires suit son propre délai, indépendamment de la procédure administrative engagée en parallèle.
Quelles mentions le bail et l’annonce doivent-ils contenir ?
Un bail conforme à l’encadrement des loyers doit afficher clairement plusieurs montants, pas seulement le loyer demandé.
- Le loyer de base pratiqué, hors charges ;
- Le loyer de référence applicable au logement ;
- Le loyer de référence majoré (le plafond légal) ;
- Le montant chiffré du complément de loyer, le cas échéant, avec ses motifs écrits.
Depuis les arrêtés ministériels entrés en vigueur progressivement à partir de 2022, la mention du loyer de référence majoré est aussi obligatoire dans l’annonce locative, qu’elle soit publiée par un particulier ou une agence. Une annonce incomplète peut entraîner une mise en demeure d’un mois pour corriger l’omission, avant tout recours plus formel.
Où consulter les textes et arrêtés officiels ?
Le socle juridique de l’encadrement des loyers à Paris repose sur l’article 140 de la loi ELAN et ses décrets d’application, complétés chaque année par un arrêté préfectoral qui fixe les valeurs chiffrées. Le décret n° 2020-1818 ajoute une contrainte liée au diagnostic de performance énergétique pour certaines hausses à la relocation ou au renouvellement, conditionnées à un DPE compris entre A et E pour les contrats signés depuis 2021.
Pour vérifier une valeur ou un texte, plusieurs sources font référence :
- le simulateur RéférenceLoyer de la DRIHL, pour les montants applicables par secteur ;
- l’observatoire OLAP, qui produit les données statistiques à l’origine des arrêtés ;
- Service-public.fr, pour les explications juridiques générales ;
- Legifrance, pour le texte intégral des décrets et de la loi ELAN ;
- paris.fr, pour les démarches de signalement.
Conseils pratiques pour sécuriser une mise en location
Pour un agent ou un gestionnaire locatif, la conformité se joue avant la signature, pas après un contrôle ; il est donc essentiel de s’équiper avec une location de photocopieur pour agence immobilière à Paris pour gérer efficacement les dossiers et justificatifs. Trois réflexes limitent nettement le risque contentieux : vérifier systématiquement le plafond sur le simulateur officiel, s’assurer que le DPE est à jour et compatible avec le projet de loyer, et documenter tout complément avec des références comparables solides.
Conseil de pro : conservez au moins six références de logements comparables dans le même secteur avant de fixer un complément de loyer. C’est la base que la CDC attend en cas de contestation.
Simuler l’impact financier d’une éventuelle rétroactivité avant la signature reste sous-estimé par beaucoup de gestionnaires. Une formation ALUR et déontologie à jour permet de fiabiliser ces pratiques et d’éviter les erreurs qui coûtent cher sur la durée d’un portefeuille locatif.

L’encadrement des loyers va-t-il durer après 2026 ?
L’expérimentation actuelle expire le 24 novembre 2026, selon les termes de l’arrêté en vigueur. Rien ne garantit sa prolongation automatique : les textes parlementaires méritent une veille annuelle, car le dispositif a déjà été reconduit plusieurs fois depuis 2019 sans certitude de pérennisation. En pratique, mieux vaut rester prudent sur toute tarification à moyen terme et conserver une trace documentaire complète de chaque décision de loyer, utile en cas de contrôle ultérieur.
— Didier Tixador
Pourquoi se former à la réglementation ALUR change la donne pour votre agence
Maîtriser l’encadrement des loyers sur le papier ne suffit pas quand un dossier de complément de loyer part en contestation devant la CDC ou qu’une amende administrative tombe pour une annonce mal rédigée. Didier-tixador-formation propose des parcours ALUR concrets, pensés pour les professionnels qui gèrent des baux parisiens au quotidien : le pack ALUR 6h en ligne pour une mise à jour rapide sur la déontologie et la non-discrimination, ou le parcours ALUR 42h, finançable par les OPCO, pour une certification complète.

L’objectif n’est pas d’accumuler des connaissances théoriques mais de repartir avec des documents types, des réflexes de vérification et une méthode claire pour appliquer les procédures CDC et de signalement sans hésitation. Consultez les formations loi ALUR, TRACFIN et déontologie de Didier-tixador-formation et demandez un devis adapté à la taille de votre équipe.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un avocat qualifié. Consultez un professionnel du droit qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Sources
- RéférenceLoyer DRIHL — Paris
- Service-public — Complément de loyer
- Ville de Paris — Encadrement des loyers : vérifiez si vous êtes concerné
- ADIL75 — Fiche pratique loyers à Paris (locataire)
Questions fréquentes
Quel est l’encadrement des loyers à Paris ?
C’est une règle qui plafonne le loyer hors charges au loyer de référence majoré fixé chaque année par arrêté préfectoral, applicable aux baux signés ou renouvelés depuis le 1ᵉʳ juillet 2019.
Comment connaître le plafond par quartier à Paris ?
Le simulateur RéférenceLoyer de la DRIHL donne la valeur exacte en euros par mètre carré selon l’adresse, le nombre de pièces et l’époque de construction du logement.
Quand la loi d’encadrement des loyers à Paris prend-elle fin ?
L’expérimentation en cours s’achève le 24 novembre 2026 selon l’arrêté applicable ; sa reconduction dépend d’un nouveau texte, sans garantie de renouvellement automatique.
Comment dépasser légalement le plafond du loyer à Paris ?
La seule dérogation légale est le complément de loyer, réservé aux logements présentant des caractéristiques exceptionnelles, chiffré et justifié dans le bail, et contestable par le locataire devant la CDC dans les trois mois.
Un agent immobilier peut-il être sanctionné en cas de dépassement ?
Oui : au delà de l’amende visant le bailleur, un manquement répété aux obligations d’information peut exposer le professionnel à des sanctions déontologiques, ce qui justifie une mise à jour régulière via des formations ALUR dédiées.

